Agostino vient de quitter l’Argentine et se trouve maintenant à la Paz en Bolivie, pays de Jesus et de Dorkas, personnages que nous avons commencé à suivre ici à Genève. 

La Paz, il faudrait plutôt l’appeler Nuestra Señora de La Paz, ou Chuqiyapu  en langue Aymara, la langue maternelle de notre amie Dorkas que certains estiment avoir été la langue officielle de l’empire Inca.

Agostino raconte: “on m’avait beaucoup prévenu sur le chaos, la pollution, mais enfin il me semble qu’avec un million d’habitants  (le double si on compte la municipalité de El Alto, 400 mètres au dessus de la Paz) la ville s’en sorte par mal. Certes, il y a des moments de la journée ou se déplacer devient problématique, mais cela est typique à la plupart des grandes capitales dans le monde. Et puis depuis bientôt deux ans un très long téléphérique relie la partie sud de la capitale, plus riche et résidentielle, à la partie Nord d’El Alto, plus «populaire» voir plus pauvre. Le téléphérique, qui en d’autres villes est plutôt utilisé par les touristes, est ici très fréquenté par la population locale: en tout ce voyage qui traverse toute la ville dure 1heure et demie, une alternative au minibus qui prend un temps indéfini”.

Eh oui, ici pas possible de développer un réseau métro, pas même une ligne.  Avec une morphologie pareil, avec des montées et des descentes infinies, même les taxis ont bien du mal et ils semblent vouloir rendre l’âme d’un moment à l’autre.

Comme dans beaucoup de grandes villes d’Amérique latine, les contrastes et les contradictions ne manquent pas.  On se retrouve parfois dans des lieux qui bénéficient d’investissements énormes (de quelle provenance?) qui donnent un air de prospérité et de pays développé…et puis il suffit de se déplacer de quelques “quadras” (bloc de maisons) pour replonger dans un climat de pauvreté typique d’un pays « en desarrollo », où les gens sont perpétuellement à la recherche des ressources qui leurs permettront de survivre.