Agostino continue son voyage et nous raconte sa rencontre avec Elisabeth et sa fille Milagros:

“Elisabeth, cette femme à la quarantaine arrivée en Argentine depuis la Bolivie il y a 24 ans, me montre, orgueilleuse, sa maison situé dans un quartier bien sinistre et désaffecté près du chemin de fer.

Depuis son arrivée elle a fait un tas de petit boulots mais après des années passées à faire le ménage et à servir les autres elle a enfin réussi à monter son propre business, une “almacen”, un magasin d’alimentation et de “golosinas”…de sucreries .
Si de l’extérieur sa maison ressemble plutôt à une baraque des “Villas” (ces bidonvilles de Buenos Aires) l’intérieur est étonnement bien soigné et équipé tout confort.
Sa fille a 18 ans et va passer les examens pour entrer à la fac d’architecture. Elisabeth a passé tout sa vie à se “sacrifier” pour donner un coup de main à sa famille restée en Bolivie et surtout pour donner des perspectives à sa fille. Elisabeth, dans sa simplicité, pense que le futur est dans l’éducation et l’instruction des jeunes … elle ne s’est donc jamais arrêté de travailler pour pouvoir envoyer sa fille à l’école privée. L’école publique est une vrai catastrophe et les instituteurs sont souvent absents… Néanmoins Milagros entrera dans le publique à partir de l’université dont la rentrée est prévu l’année prochaine.Elisabeth qui n’a pas encore terminé l’école primaire a décidé de reprendre ses études, abandonnées il y a 30 ans.
Quoi dire de la crise, “quelle crise?” s’exclame-t-elle, “ici j’ai toujours connu cet état des choses et en Bolivie …pas mieux”. Mais dès que sa fille sera vraiment autonome elle compte bien rentrer dans son pays où on peut tout de même, selon elle, vivre mieux”.